L'image du monde
               Des babyloniens à Newton
     Du nouveau : ouvrage traduit en portugais pour le Brésil

par Arkan Simaan et Joëlle Fontaine
Préface de
Jean Rosmorduc
ISBN 2-909680-32-9, 1998, 240 pages, 14,48 €, franco de port
2° édition avril 1999

  Comment avons-nous appris que notre Terre est ronde et que, tournant sur elle-même, elle voyage autour du soleil à une vitesse vertigineuse? Comment, au cours des siècles, des hommes passionnés d'observation et intrigués par le mouvement des astres ont-ils réussi à dépasser la perception commune et les dogmes bien établis pour découvrir que leur planète n'était pas le centre du monde ?

  C'est le récit de cette aventure, capitale pour la science, qui est présenté ici, avec la volonté d'être accessible à tous. Sans formalisme mathématique, les auteurs brossent un panorama à la fois rigoureux et plaisant de trois millénaires de tâtonnements intellectuels : on y voit des savants, avec leur génie mais aussi leurs faiblesses, ancrés dans la mentalité de leur époque, se débattre entre science et croyance pour que progresse la connaissance du monde.

   Au carrefour entre physique, philosophie et histoire, ce récit vivant et coloré est accompagné d'encarts scientifiques, chronologiques et biographiques. Il intéressera tous ceux, enseignants, étudiants, lycéens, qui souhaitent enrichir ou raviver leurs connaissances. A notre époque où la tentation de l'irrationnel est forte, cet ouvrage est un plaidoyer pour une science en perpétuel mouvement, pour une culture scientifique nourrie de l'histoire même des sciences.

Accessible sur cette page :    Edition brésilienne
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   Préface    Revue de presse
    Les auteurs   Entretien avec G. Gohau (France-culture)

Sommaire

Préface par Jean Rosmorduc

Introduction

NOMBRES ET PERFECTION

Premiers observateurs
Un "miracle grec" ?
Les dogmes

Dogmes et observations : mariage impossible

LE CHRISTIANISME ET L'HERITAGE ANTIQUE

La fin de la science antique
Fidélité aux écritures
Un rayon lumineux venu d'orient
"Des nains sur des épaules de géants"
La Renaissance

LA REMISE EN CAUSE DES DOGMES

Un timide téméraire : Copernic
La noblesse de la précision : Tycho Brahé
Le législateur du ciel : Kepler

UNE IMAGE ARRACHEE AU FORCEPS

La fureur triomphante : Bruno
Le nouveau Colomb : Galilée
L'instruction de 1616

Le procès de 1633

UNE VISION RENOUVELEE DU MONDE

Les académies au XVIIème siècle
"A bien vécu celui qui a vécu caché" : Descartes
"J'aime les tourbillons" : les cartésiens
L'unification du ciel et de la Terre : Newton

CONFIRMATIONS

La science devient à la mode au XVIIIème siècle
La première preuve des mouvements de la Terre
La querelle des cartésiens et des newtoniens

Conclusion

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Préface

L'évolution des représentations de la Terre a pour l'Histoire une importance évidente. Pour celle des sciences d'abord : les conceptions que les sociétés humaines ont construites de l'univers, les justifications invoquées, leur relation à la mécanique, sous-tendent aussi bien l'histoire de la physique que celle de l'astronomie, des anciens Sumériens et Egyptiens à la Philosophie Naturelle de la fin du XVII et du XVIIIèmes siècles. Pour celle des idées philosophiques et de la culture ensuite : les hypothèses sur l'univers et son fonctionnement, la place de la Terre et, partant, celle de l'être humain dans le monde, sont un élément essentiel tant des philosophies laïques (ou plutôt non religieuses) que - plus encore - des religions. Il n'est que de constater aujourd'hui encore, l'utilisation que des mouvements "créationnistes" font de l'hypothèse cosmologique du "big-bang". Pour celle des sociétés et des civilisations enfin, plus globalement : de grands historiens, comme Lucien Febvre par exemple, ont mis l'accent sur le rapport entre l'image qu'une société se faisait d'elle-même et celle qu'elle bâtissait de l'univers.

L'enseignement des sciences physiques au collège et au lycée a pour objectif affiché depuis 1992 non de viser la seule formation de futurs physiciens et chimistes - ce à quoi n'accédera qu'une très faible minorité d'élèves - mais de permettre à tous les citoyens de demain de se constituer une culture scientifique, aujourd'hui indispensable. Qu'est-ce qu'une telle culture ? Elle comporte certes un savoir, non spécialisé en l'occurrence bien sûr, mais aussi les connaissances et les savoir-faire en matière de recherche et de documentation rendant capable de prendre du recul par rapport à ce savoir et aux multiples informations reçues ; une certaine "distanciation, dirait peut-être un connaisseur de Brecht, qui permet d'évaluer les enjeux des débats de société autour des différents aspects du savoir, de se prononcer sur les éventuels risques de telle ou telle application, ou du moins de comprendre les explications formulées à ce sujet par des spécialistes. Une telle culture implique une certaine connaissance épistémologique, une appréhension de l'évolution du problème et donc de son histoire.

Pourtant cette histoire des théories scientifiques commence seulement à faire son entrée dans l'enseignement, et de manière timide. Les livres sur l'histoire des sciences étaient rares à la fin des années soixante, à l'exception de quelques études très spécialisées, souvent difficiles à lire. Il n'existait pas de documentation ni d'ouvrages accessibles aux professeurs, ni à plus forte raison aux élèves. De ce point de vue, la situation s'est nettement améliorée. Quelques historiens des sciences ont accepté de s'écarter de leur domaine de recherche, des éditeurs ont pris le risque de les publier ; des universités d'été et des stages sur l'histoire des sciences et des techniques ont contribué de manière essentielle, quand on a bien voulu leur en donner les moyens, à développer la formation continue des enseignants.

Le présent ouvrage vient heureusement compléter la collection d'outils en histoire des sciences dont nous disposons aujourd'hui. Il ne prétend pas être le résultat d'un travail de recherche original, c'est une compilation souvent érudite à finalité pédagogique. L'axe choisi, les représentations de la Terre, est parmi les plus déterminants de l'évolution de la pensée scientifique, en rapport de ce fait avec des programmes d'enseignement à différents niveaux des cursus. Il est traité de façon plaisante, en associant au texte lui-même des encarts scientifiques et biographiques. Des anecdotes relatives à quelques savants, même si elles n'ont pas toujours un influence décisive dans l'histoire, éclairent la personnalité des intéressés, agrémentent les chapitres et devraient faciliter la lecture pour des élèves qu'une aridité excessive pourrait rebuter.

Ce livre est donc au premier chef un instrument de travail pour les enseignants, les étudiants, les lycéens et plus largement ceux qui désirent acquérir une culture scientifique. Mais il est aussi une invite à aller plus loin. Une bibliographie détaillée et commentée permettra au lecteur de compléter son information sur tel ou tel sujet, mais aussi, et cela est peut-être plus intéressant, de l'élargir et de l'approfondir.

Il existe en effet différents types d'approche de l'histoire des sciences, toutes aussi partielles : celle du philosophe ; celle du scientifique ; celle du sociologue. Jacques Roger plaide pour une "histoire des sciences à part entière"(note), construite par un chercheur, utilisant les méthodologies historiques, étudiant les problèmes dans leur globalité sociale, sans privilégier tel ou tel aspect, sans non plus juger le passé par récurrence, c'est-à-dire à l'aune du présent de la science. Le présent ouvrage donnera, nous l'espérons, envie aux lecteurs de poursuivre dans le sens d'un approfondissement de la réflexion sur ce qu'est véritablement une histoire des sciences.

Jean ROSMORDUC
Professeur d'Histoire des Sciences à l'Université de Brest

 

Les auteurs

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Introduction

Il est aujourd'hui évident pour la plupart des hommes que la Terre est ronde, et qu'elle se meut continuellement dans un Univers immense. On l'enseigne dans les écoles, et photos, films, sondes et stations spatiales sont là pour nous renvoyer des images irréfutables de la forme de notre planète.

Que la Terre soit ronde, l'expérience courante nous permet bien de l’envisager en observant un bateau s'éloigner à l'horizon : la coque disparaît d'abord, les mâts ensuite. Et cette idée s'est donc assez vite imposée aux marins et aux savants grecs de l'Antiquité, même si l'immense majorité des hommes a continué d’imaginer des schémas bien différents.

Par contre comment, de notre rassurante immobilité apparente, passer à l'idée que nous sommes perpétuellement lancés dans l'espace à des vitesses fabuleuses, sans pour autant être entraînés dans un tourbillon infini ? Voilà qui a longtemps défié le bon sens, et il a fallu bien des changements dans plusieurs domaines, allant de la philosophie à la physique, pour arriver à le concevoir. Il a fallu aussi dépasser bien des résistances, bien des superstitions, bien des dogmes enracinés dans l'esprit humain.

On s'imagine parfois que le monde scientifique est un monde à part : les hommes y travailleraient en harmonie, chacun apportant une pierre à l’édifice inachevé de ses prédécesseurs. Cette image d’Epinal d’une science faite par des hommes désintéressés, coupés de la politique, de la philosophie ou de la religion, subsiste encore dans bien des esprits. Pendant longtemps l'histoire des sciences s’est limitée pour l’essentiel à celle des découvertes scientifiques, conçues comme autant de jalons vers une approche de plus en plus conforme à la réalité objective : avec, à la base, l’idée simpliste d’un progrès inéluctable dû à des hommes travaillant selon les règles strictes du travail scientifique.

Ce sont là des clichés éloignés de la réalité. D'abord les savants sont le produit de leur époque, des conditions matérielles, des idées qui y régnaient - même si leur rôle personnel fut immense et s'il y eut souvent des visionnaires bien en avance sur leurs contemporains. De plus les avancées se sont faites le plus souvent en détruisant les travaux des prédécesseurs. Ainsi la physique d’Aristote fut balayée par celle de Newton. Parfois des théories justes, comme l’héliocentrisme d’Aristarque de Samos, ont été rejetées pendant des siècles. Et le plus surprenant c’est que ce rejet s’est fait sur la base de considérations "scientifiques", et non pas par conformisme.

On notera l’importance des notions métaphysiques au départ de cette aventure. Pouvait-il en être autrement ? Le but de toute recherche scientifique est de connaître le monde, d'en mettre en évidence les lois physiques. Pour cela l’homme doit au préalable s'en faire une image, construire un modèle et pendant longtemps cette image du monde ne pouvait être que religieuse. Jusqu’au XVIIème siècle - plus précisément jusqu’à Descartes - il n’y avait aucune théorie permettant de se faire une idée complète du cosmos sans l'intervention d'une ou de plusieurs divinités. Pour Newton lui-même, fondateur de la première grande synthèse scientifique, Dieu était omniprésent.

Les travaux d’Alexandre Koyré ont brillamment montré comment la science, comme toute activité humaine, est inséparable du contexte historique dans lequel elle s’édifie, et comment le travail des savants ne peut se comprendre qu’à la lumière des mentalités de leur époque. Combien de gens savent aujourd’hui que Kepler, considéré comme l’un des fondateurs de la science moderne, a découvert ses lois fondamentales en partant de considérations mystiques d’origine pythagoricienne ? - conceptions qu’il a bien sûr dépassées par la confrontation avec les observations astronomiques dont il a eu la chance de pouvoir disposer. Cela n'a rien d’étonnant à une époque encore fortement empreinte de magie, et on ne peut rien comprendre au cheminement de sa pensée si l'on rejette ces considérations, difficiles à admettre aujourd'hui.

C’est par une approche tenant compte de la mentalité de chaque époque que nous voudrions retracer l’évolution de l’image de la Terre dans la civilisation occidentale. Il ne s’agit pas d’apporter à ce sujet des éléments originaux. Il ne s'agit pas non plus ici de philosophie des sciences ou d'histoire des concepts au sens universitaire du mot. Nous avons voulu brosser un panorama des représentations du monde à travers l'histoire : comment pendant des millénaires des hommes de chair et d'os, avec leur génie mais aussi leurs faiblesses, ont tenté de se situer dans l'univers.

Nous sommes conscients des griefs qu'on ne manquera pas de nous adresser : les philosophes et les historiens trouveront que nous avons fait trop de simplifications ; les physiciens, que nous n'avons pas accordé assez de place à certains développements scientifiques : quelques notions particulièrement difficiles ont été très schématisées pour rester compréhensibles aux non-spécialistes.

Comment ne pas accepter ces critiques ? Il est impossible de traiter d'un sujet si vaste en peu de pages et en restant accessible au plus grand nombre, sans procéder à des choix.

Nous avons simplement voulu mettre à la portée d'un large public des informations qui circulent le plus souvent dans des ouvrages dont la consultation est rendue difficile en raison de leur spécialisation ou de leur volume. D'autant que si l’histoire des sciences est enseignée dans certains cursus universitaires, elle ne l'est guère au niveau du secondaire, où pourtant les adolescents auraient besoin, à notre époque incertaine, de se poser à nouveau les grandes questions que se sont toujours posées les hommes, d'apprendre comment ils les ont, sinon résolues, du moins fait avancer en fonction des possibilités et des exigences de leur temps.

Nous espérons ainsi contribuer à l'enseignement d'un chapitre important de l'histoire de la pensée scientifique, indispensable à une véritable culture.

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  Extraits brefs   Revues d'associations
   Revues d'astronomie   Revues pédagogiques
    Revues scientifiques    Quotidiens. Radios. Journaux régionaux
  Revues d'opinion   Entretien avec l'U.S.
   Revues d'histoire   Entretien avec G. Gohau (France-culture)

Quelques extraits d'articles

La Recherche - Septembre 1999
"Tout est fait pour aider le lecteur ; au texte principal, clair, s'ajoutent quantité d'encadrés, explicatifs ou biographiques, des tables, cartes, schémas, index...Un travail d'édition exemplaire."
Ciel et espace - Juin 1999
"L'ouvrage surprend par son ambition et son originalité. En effet, le cheminement de la pensée scientifique est ici éclairé par trois points de vue complémentaires : ceux du physicien, du philosophe et de l'historien." A. Khalatbari.
Science illustrée - Septembre 1999
"L'ouvrage est agréable à lire, accessible à tous et rigoureux sur le plan scientifique."
Bulletin de l'APMEP (Association des professeurs de mathématiques) - Juin 1999
"Ce livre est une contribution importante à la culture scientifique et peut permettre de nombreuses réflexions interdisciplinaires." M. Le Berre
Bulletin de l'Union des Physiciens - Octobre 1999
"Ce livre se lit d'un trait. C'est dire qu'il est plaisant. A lire par celui qui veut se laisser convaincre de parler d'histoire des sciences en enseignement scientifique, de sciences en enseignement littéraire, ou tout simplement pour le plaisir." D. Fauque
Regards - Novembre 1999
"A.Simaan et J.Fontaine nous offrent, avec une clarté pédagogique sans précédent, un historique précis des disputes qui jalonnèrent la cosmologie depuis l'Antiquité". J.P. Jouary
Les Cahiers pédagogiques - Novembre 1999
"Un livre important pour un travail interdisciplinaire, qui rappelle que la science ne s'est pas développée de manière linéaire."
Les cahiers rationalistes - Juin 1999
"Les manuels de vulgarisation scientifiques manquent cruellement. En voici pourtant un..." C. Ruby
L'Astronomie - Novembre 1999
"L'ouvrage d'A. Simaan et J. Fontaine expose avec beaucoup de détails et en même temps une grande clarté le cheminement intellectuel des hommes qui, au cours des siècles, ont réussi à surpasser le simple bon sens pour mettre la Terre à sa juste place ... L'ensemble est passionnant et se lit comme un roman... Tous les amateurs d'astronomie, ou simplement tous ceux qui s'intéressent aux sciences, seront pris par la lecture de cet ouvrage qui, au passage, ne manque pas de régler leur compte aux astrologues et autres amateurs d'irrationnel !" A.T.

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Revue de presse plus complète

REVUES D’ASTRONOMIE

"CIEL ET ESPACE " (Azar KHALATBARI), juin 1999

" L’ouvrage surprend par son ambition et son originalité. En effet, le cheminement de la pensée scientifique est ici éclairé par trois points de vue complémentaires : ceux du physicien, du philosophe et de l’historien. En somme, non seulement les auteurs nous exposent la matière première (l’énoncé et les implications) d’une théorie, mais aussi la controverse philosophique qui lui a donné naissance et le contexte historique qui a permis son émergence ".

L’ASTRONOMIE " (André THIOT), premier compte rendu, revue de la " SOCIETE ASTRONOMIQUE DE FRANCE ", nov. 1999, p. 323

" L’ouvrage de A. Simaan et J. Fontaine expose avec beaucoup de détails et en même temps une grande clarté le cheminement intellectuel des hommes qui, au cours des siècles, ont réussi à surpasser le simple bon sens pour mettre la Terre à sa juste place. Chaque découverte est replacée dans le contexte de son époque, historique, philosophique, religieux et politique. De nombreux encarts présentent la biographie d’un astronome ou précisent un point technique.

" L’ensemble est passionnant et se lit comme un roman, sans demander de connaissances préalables, sans effort particulier de la part du lecteur. Tous les amateurs d’astronomie, ou simplement tous ceux qui s’intéressent aux sciences seront pris par la lecture de cet ouvrage qui, au passage, ne manque pas de régler leur compte aux astrologues et autres amateurs d’irrationnel ".

LES CAHIERS CLAIRAUT " (Gilbert WALUSINSKI), " BULLETIN DU COMITE DE LIAISON ENSEIGNANTS ASTRONOMES " – n° 86 été 1999

" Nous devons à l’historienne un bon développement des relations entre progrès des sciences et mouvements religieux (…) Il faut féliciter les auteurs d’avoir adopté un style simple, d’avoir évité tout appareil technique rebutant pour les non spécialistes à qui le volume est évidemment destiné ".

L’ASTRONOMIE " (Simone DUMONT), deuxième compte rendu, " SOCIETE ASTRONOMIQUE DE FRANCE ", JANVIER 2000 ? page 39

" Ce livre est une bonne initiation à l’histoire de sciences (principalement l’astronomie) qui ont établi notre conception du monde, déterminé la forme de la Terre, depuis l’Antiquité avec les Babyloniens, les Egyptiens et les Grecs jusqu’au 18ème siècle. Après les Arabes qui ont recueilli les textes anciens et développé de nouvelles méthodes, à la fin du Moyen Age, l’étude du Monde se développe principalement en Europe. (...) L’ouvrage est d’une grande clarté, agréable à lire. Il expose le mouvement des idées qui ont conduit à l’image du Monde au siècle des Lumières, sans oublier les améliorations et les découvertes dues aux nouveaux instruments. Ils est à conseiller au public cultivé et particulièrement aux astronomes amateurs qui souhaitent une bonne information de base en l’histoire de l’astronomie " (N.B : Une critique de la première édition de cet ouvrage a été publiée dans le n° de " L’Astronomie " de novembre 1999. La deuxième édition a été réalisée peu de temps après la première)

CIEL ET TERRE " (R. DEJAIFFE), janvier-février 2000, p. 25, BULLETIN DE LA SOCIETE ROYALE BELGE D’ASTRONOMIE, DE METEOROLOGIE ET DE PHYSIQUE DU GLOBE

"(...) Il s’agit d’un formidable outil pédagogique ou d’un instrument de développement d’un véritable sens critique dans la conscience d’un plus grand nombre de citoyens, doublé d’une mine de références bibliographiques de très grande qualité.

" Il est ici question essentiellement d’un ouvrage didactique d’histoire des sciences sur le thème de l’héliocentrisme pour des étudiants de la fin du secondaire (mais aussi pour d’autres et, en particulier, pour tous les amateurs d’histoire de l’astronomie). Remarquablement écrit, conçu, présenté et illustré, c’est le prototype de livre d’enseignement dont on se plaît à et on ne peut que recommander la lecture au plus large public possible lorsqu’on a pour ambition saine et objectif très louable de faire accéder le plus grand nombre de lecteurs à une véritable culture scientifique par ailleurs de plus en plus nécessaire dans le monde actuel. Ce genre de livre – auquel on ne peut que souhaiter le plus grand succès d’édition possible et de très nombreux autres petits frères sur d’autres thèmes approchés d’une façon aussi pluridisciplinaire – est finalement destiné à tout " honnête homme " de cette fin du XXème siècle soucieux d’acquérir au moins un bon début de culture scientifique ".

REVUES SCIENTIFIQUES

LA RECHERCHE " - septembre 1999, n° 323

" Une histoire des représentations de la Terre destinée aux élèves et aux enseignants du secondaire ou du premier cycle. Tout est fait pour aider le lecteur ; au texte principal, clair, s’ajoutent quantité d’encadrés, explicatifs ou biographiques, des tables, cartes, schémas, index…Un travail d’édition exemplaire ".

SCIENCE ILLUSTREE " - septembre 1999 ; n° 120

" Ce livre, véritable genèse des différentes représentations de la Terre à travers l’histoire, retrace trois millénaires de tâtonnements intellectuels. Les découvertes ou hypothèses scientifiques sont replacées dans un contexte historique, ce qui permet de mieux comprendre l’esprit d’une époque, les connaissances traditionnelles et aussi les traits de caractère des savants comme Kepler, Galilée, Newton…L’ouvrage est agréable à lire, accessible à tous et très rigoureux sur le plan scientifique ".

FUSION ", (Emmanuel GRENIER), septembre – octobre 1999, n° 77

"Nous vous recommandons cet ouvrage car il présente des auteurs rarement cités et pourtant fondamentaux. Ensuite, parce qu’il parle de la science comme d’une bataille d’idées, de concepts et de représentations, qui se livre entre hommes de chair et de sang, et non pas comme quelque chose d’abstrait, descendant tout formalisé de la chaire universitaire ou cléricale. C’est en ce sens un cadeau très utile à faire aux adolescent(e)s pour les inoculer contre le dessèchement du formalisme scolaire ".

 

REVUES D’OPINION

LA PENSEE " (Maurice CARON), n° 322 septembre 2000

" Arkan Simaan, professeur agrégé de physique, et Joëlle Fontaine, professeur agrégée d’histoire, se sont placés dans une démarche interdisciplinaire et dans la continuité des travaux d’Alexandre Koyré. Ils s’efforcent, au long de quelques 230 pages de leur ouvrage, de tordre le coup aux conceptions neutralistes et linéaires auxquelles est réduite trop souvent l’histoire des sciences (...Si ce livre) est destiné aux membres du corps enseignant, aux étudiants et aux lycéens, ils réussissent dans un langage accessible à tous, à montrer le cheminement complexe qui a conduit à l’état actuel des connaissances. Surtout, ils redonnent vie à tous les hommes qui tracèrent les étapes de ce chemin. Cette route n’est pas achevée, la science ne doit pas devenir une nouvelle religion : " toutes les vérités scientifiques sont destinées à être remises en question un jour ", soulignent-ils. Pour eux il s’agit aussi d’un combat culturel et citoyen que l’enseignement de l’histoire des sciences peut mener contre l’ignorance et les superstitions quand on sait que " 33% de nos concitoyens croient encore que la Terre est immobile ".

"EDUQUER - TRIBUNE LAIQUE " (Bernard VOCHELET)(mars 2000, Organe de la LIGUE BELGE DE L’ENSEIGNEMENT).

"(...) Ce livre se distingue des autres ouvrages d’histoire de l’astronomie. ce n’est pas le résultat d’un travail de recherche original. Non, mais c’est un remarquable outil de travail, une compilation didactique, une synthèse pédagogique destinée en priorité aux enseignants, aux étudiants, aux lycéens mais aussi à tout esprit curieux de s’instruire.

Mais n’allez pas croire que le résultat est un livre austère ! Au contraire, il s’agit d’un livre très agréable à lire. En effet, à la rigueur du texte, les auteurs ont juxtaposé de nombreux encarts explicatifs souvent judicieusement illustrés, ainsi que de nombreuses notices biographiques claires et concises. Sans oublier l’aspect anecdotique et pittoresque. A noter aussi quelques tableaux chronologiques et une excellente bibliographie, fort bien documentée où les auteurs ont eu soin de ne choisir que des livres en français et de les classer selon leur niveau de difficulté.

" Dans leur conclusion, les auteurs rappellent avec justesse qu’aujourd’hui encore, la tentation de l’irrationnel reste forte et que la lutte contre l’obscurantisme et l’ignorance demeure une priorité.

" L’histoire de la représentation du Monde, c’est avant tout l’histoire du triomphe de la raison sur les mythes et les dogmatismes. C’est ce que les deux auteurs voulaient démontrer. Ils y ont pleinement réussi ".

REGARDS – LE MOUVEMENT DES IDEES " (Jean-Paul JOUARY), n° 51, nov. 1999, p. 18

" Avec L’Image du Monde des Babyloniens à Newton ", Arkan Simaan et Joëlle Fontaine nous offrent aussi, avec une clarté pédagogique sans précédent, un historique précis des disputes qui jalonnèrent la cosmologie depuis l’Antiquité ".

LES CAHIERS RATIONALISTES "( Christian RUBY), juin 1999, n° 536

" Les manuels de vulgarisation (scientifique) adéquats manquent cruellement. En voici pourtant un, du moins est-ce un livre qui peut servir de manuel, tant il est clair et accompagné de schémas susceptibles de guider le lecteur dans les méandres des recherches. Son but : encourager au développement d’une culture scientifique (…) Primordialement attaché à la figure du monde, l’ouvrage dessine à coup de textes, dessins, notes et précisions de vocabulaires les grandes lignes des acquisitions scientifiques : le nombre, l’unité du monde, le mouvement, l’orientation, puis les analyses et démonstrations astronomiques. Chaque cas fait l’objet d’une exposition précise, référant entre autres au climat de la recherche (…) Au total, voici un bon instrument de travail pour initier des élèves ".

LA RAISON " - LE MENSUEL DE LA LIBRE PENSEE (Jean DUBESSY), juillet 1999, n° 443

" Ce livre décrit, dans un langage très clair et précis, l’évolution des concepts que les sociétés humaines ont élaborés sur l’univers (…) la compréhension des principaux concepts physiques ou géométriques est facilitée par des schémas simples. Les illustrations de nature historique aèrent le texte, rendent le livre fort agréable à la lecture et lui confèrent un caractère artistique (…) Nous ne pouvons que rendre hommage à ces deux enseignants, car leur travail vise aussi à rendre aux enseignants confiance en leur mission, au moment même où certains voudraient, en les dénigrant, affaiblir l’Ecole ".

LE MAILLON MACONNIQUE " (Philippe COLANERI), Deuxième trimestre 1999

" C’est un livre remarquable tant par le sujet lui-même que par la forme et le fond (…) Son thème est l’histoire des idées scientifiques sur l’Astronomie, mais mise à la portée d’un public non averti. Pour atteindre cette finalité pédagogique, il présente des qualités de forme rarement réalisées dans ce genre d’ouvrage ".

ESPACE DE LIBERTE " (Andrée Masson-Depasse) , n° 281, mai 2000

" L’axe choisi par nos auteurs, les représentations de la Terre, est parmi les plus déterminants de l’évolution de la pensée scientifique et s’intègre dès lors parfaitement bien aux différents niveaux des programmes d’enseignement. "

" Véritable outil pédagogique, cette histoire des théories scientifiques intéressera autant les enseignants que les étudiants et tout citoyen désireux de se constituer une culture scientifique aujourd’hui indispensable. Ils y trouveront également encarts scientifiques et biographiques ainsi qu’une bibliographie détaillée ".

REVUES D’HISTOIRE

ARCHIVES INTERNATIONALES D’HISTOIRE DES SCIENCES " (Jacques GAPAILLARD, n° 143, volume 49, année 1999)

" Parmi les quelques ouvrages en langue française se proposant de présenter à un large public une histoire générale de l’astronomie, celui-ci se distingue par une volonté plus clairement affichée d’une mise en perspective du développement de cette science dans le champ de l’histoire. Déjà, au niveau relativement modeste correspondant à l’objectif visé – l’enseignement de l’histoire de l’astronomie au lycée -, l’excellent idée d’une collaboration de deux auteurs dont l’un est historien (Joëlle Fontaine) et l’autre physicien (Arkan Simaan), est évidemment prometteuse d’un véritable produit d’histoire des sciences. Et cette promesse est très largement tenue dans un texte où, tout en s’interdisant un discours trop savant, les auteurs ont toutefois moins hésité à développer des questions historiques ou philosophiques qu’à livrer des détails scientifiques. Mais il en résulte une description remarquable de l’environnement politique et culturel dans lequel sont nées les théories astronomiques et se sont déroulés les débats qu’elles ont suscités. (...) Ajoutons que l’écriture simple et claire, l’organisation du texte avec notices biographiques et encarts traitant de sujets spéciaux, ainsi que la présentation matérielle de l’ouvrage rendent sa lecture particulièrement agréable. Nul doute que c’est avec le plus grand profit qu’il sera utilisé à des fins pédagogiques et culturelles. "

HISTORIENS & GEOGRAPHES " (n°372, mai 2000, Jean PEYROT)

" L’histoire des sciences attire peu de monde. Elle exige des compétences rarement réunies chez un même individu. Elle est encore plus difficile à enseigner car elle requiert du professeur une compréhension des phénomènes que beaucoup ne maîtrisent . Le risque est grand de verser dans la litanie des découvertes. Elle est pourtant nécessaire pour tous les élèves à quelque section qu’ils appartiennent, si on veut développer cette culture scientifique que certains évoquent avec une jactance assurée mais dont bien peu se soucient réellement. C’est pourquoi il faut saluer le travail en étroite collaboration de deux de nos collègues, un physicien et une historienne. (...)

" Le sujet retenu est un bon exemple du pont qui peur s’établir entre les professeurs. Comment les hommes se sont-ils représentés le monde ? Images primordiales pour se fixer les interrogations, les pistes les recherches (les bonnes et les impasses), le rôle des évidences qui enduisent en erreur et de l’imagination trompeuse, les tâtonnements des savants, bref un prologue pour une leçon d’épistémologie. La science et loin de suivre un progrès linéaire et les savants ne sont pas séparables des conditions de vie, des modes de pensée et des courants d’idée de leurs époque. A l’historien d’apporter cet éclairage.

" Nos deux auteurs nous offrent un panorama du long chemin de l’esprit humain cherchant à connaître et à expliquer le monde. Tout commence avec les observations des marins, bergers et paysans qui mettent en cohérence poètes, prêtres, physiciens et philosophes, non sans vigoureuses et âpres rivalités. (...)

" La plus grande partie du livre concerne la mise ne cause des dogmes et les visions renouvelées de la science du XVIème au XVIIème siècle. Ce qui nous vaut des récits vivants et des représentations documentées des travaux de Copernic, Tycho Brahe, Kepler, Bruno, Galilée, Newton ainsi que des querelles des savants et philosophes. Des encarts explicatifs ou biographiques à visée pédagogique jalonnent l’ouvrage. (...)

" Le livre d’Arkan Simaan et de Joëlle Fontaine nous décrit un monde des hommes de science aux temps modernes aussi divisé que celui des théologiens du Moyen Age. Remise en cause et doutes méthodiques sont inhérents à la démarche vers la connaissance. A chaque période tradition et modernité sont imbriquées et en interaction permanentes. C’est une des grandes leçons qu’on peut dégager de ce livre, une leçon qui n’a jamais cessé d’être indispensable à toute culture scientifique. Le but des auteurs est atteint, pleinement. "

REVUES D’ASSOCIATIONS

SCIENCE ET PSEUDO-SCIENCE ", revue de l’" ASSOCIATION FRANCAISE POUR L’INFORMATION SCIENTIFIQUE ", n° 240, décembre 1999, p.35

" Tous deux enseignent en lycée ou collège. L’un l’histoire, l’autre, la physique. La rencontre de l’historien et du physicien nous donne un livre passionnant qui retrace la naissance et l’histoire de l’astronomie depuis les Babyloniens jusqu’à Newton. Très facile à lire, l’ouvrage est abondamment illustré et agrémenté de nombreux encadrés. "

 

AXIALES " n° 34, 1er trimestre 2000, organe de l’ASSOCIATION SCIENCE TECHNOLOGIE SOCIETE (A.S.T.S), page 8

" Arkan Simaan, agrégé de physique et Joëlle Fontaine, agrégée d’histoire, ont joint leurs talents et leurs savoirs pour nous proposer un ouvrage L’Image du monde des Babyloniens à Newton (Adapt Editions, 238 p., 95F) qui est destiné au corps enseignant et aux étudiants aussi bien qu’à tous ceux qu’intéresse l’histoire des sciences. Les auteurs passent au crible de la réflexion toutes les étapes qui, au cours des trois millénaires, au permis aux hommes de se débattre entre science et croyance pour qu’évolue leur vision du monde et de l’Univers. Cette démarche qui replace le progrès des connaissances dans leur contexte historique permet de mesurer en quoi ne plus mettre la Terre au centre du Monde a constitué une aventure passionnante et passionnée où science, histoire et philosophie sont étroitement imbriquées et qui a encore des résonances de nos jours ".

CAHIERS BERNARD LAZARE " (Michel Laudon) n° 203, mai 2000

" (...) La science et la croyance n’ont pas toujours fait bon ménage. On connaît bien sûr le procès de Galilée et la condamnation des thèses de Darwin par l’Eglise. Mais on s’imagine qu’il s’agit là de situations extrêmes et particulières. En fait, comme le montre " l’image du monde des Babyloniens à Newton " ce type de condamnation est le sort commun des savants. Il est vrai que l’Eglise a été dans le passé moins ouverte aux sciences que l’islam et le Judaïsme. (...)

" Bien que s’arrêtant à Newton, ce livre nous plonge dans l’actualité. En effet, après que l’Eglise catholique ait reconnu que la condamnation de Galilée était une erreur, une brèche s’est ouverte pour d’autres réhabilitations. en février, des voix s’élevèrent pour rappeler que le philosophe Giordano Bruno fut brûlé vif par l’Inquisition à Rome en 1600 pour avoir soutenu quelques " erreurs " comme l’infinité du monde ou le mouvement de la Terre. En mars une liturgie sans précédent à été célébrée par le pape au Vatican pour le repentir des fautes de l’Eglise notamment envers les persécutions des juifs quoique le mot Shoah ne fut pas cité.

" Mais il ne s’agit pas de regarder le passé pour s’indigner : il s’agit aussi de faire le procès de toutes les condamnations que le fanatisme a prononcé par exemple à l’égard de Salman Rushdie, Taslima Nasreen et des intellectuels algériens. Le combat contre le fanatisme et l’irrationalité est un thème central de cet ouvrage.

" Ce livre écrit sans formalisme mathématique par un agrégé de physique et une agrégée d’histoire met à la portée du plus large public des informations sur les méandres des débats passionnants entre science, philosophie et religion et certains encarts par exemple sur les calendriers nous permettent d’aborder sereinement les bogues des prochains millénaires... "

L’HUMANISME " (Tadeus ANDRZEJEWSKY), n°248-249-250, printemps 2000

" (...)Ecrit sans formalisme mathématique par un agrégé de physique et une agrégée d’histoire, ce livre met à la portée du grand public des informations jusqu’alors réservées aux recherches universitaires. Le thème choisi, l’image du monde, permet de montrer la richesse culturelle sous-jacente à la science. Précisant à chaque fois le contexte historique, le livre navigue dans les méandres des débats scientifiques et religieux passionnants et dangereux : les savants y ont parfois laissé la vie (Siger de Brabant, Bruno, etc.) ou la liberté (Anaxagore, Bacon, Galilée, etc.).

" Bien que s’arrêtant à Newton ce livre nous plonge dans l’actualité. En effet, après que l’Eglise catholique ait battu sa coulpe en 1992 en reconnaissant que la condamnation de Galilée était une erreur, une brèche s’est ouverte pour d’autres réhabilitations. Aujourd’hui des voix s’élèvent pour rappeler que Giordano Bruno fut brûlé vif par l’Inquisition à Rome en 1600 pour avoir soutenu entre autre que le monde est infini et que la Terre bouge. A l’occasion du quatrième centenaire de son supplice, le 17 février 2000, des manifestations sont prévues à Rome. Un chapitre entier du livre situe ce philosophe dans son contexte historique et nous rappelle les enjeux scientifiques de sa pensée, qui sont très peu connus. Mais il ne s’agit pas seulement de regarder le passé pour s’indigner, mais de faire le procès des condamnations à mort que le fanatisme religieux a prononcé à l’égard de Salman Rushdie et de Taslima Nasreen.(...)

" Ce livre comporte en outre de nombreux encarts biographiques ou explicatifs de notions difficiles (précession des équinoxes, épicycles, principe d’inertie, etc.) ou d’événements historiques peu connus (la guerre des Trente Ans, l’Affaire des Poisons, etc.). Non seulement ces encarts évitent au lecteur le recours aux dictionnaires, mais certains d’entre eux sont des véritables mises au point, par exemple celui sur les calendriers. Il se termine par un index détaillé et une bibliographie commentée qui est du plus grand intérêt pour ceux qui désirent approfondir le sujet.

" D’une manière simple, attrayante et facilement lisible pour les lecteurs de tous niveaux de connaissances scientifiques, ce livre peut être considéré comme indispensable à tous ceux qui désirent rechercher et aider à rechercher la vérité.

Bien que ce ne soit pas un manuel scolaire, les auteurs avaient certainement à l’esprit leurs élèves. Ecrit de manière simple, ce livre les permettra de comprendre que les savants sont des produits de l’histoire et de la mentalité de leur époque. Mais, c’est peut être ceci le plus important, il peut leur donner le goût de la lecture. "

REVUES PEDAGOGIQUES

BULLETIN DE L’ASSOCIATION DES PROFESSEURS DE MATHEMATIQUES DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC " (Michel LE BERRE), n° 422 Mai - Juin 1999

" Ce livre décrit à l’aide de nombreux documents et représentations la genèse des différentes représentations du monde en relation avec les connaissances scientifiques et les croyances de l’époque concernée (…) Ce livre est une contribution importante à la culture scientifique et peut permettre de nombreuses réflexions interdisciplinaires ".

BULLETIN DE L’UNION DES PHYSICIENS " (Danielle FAUQUE), octobre 1999

" Le livre se lit d’un trait. C’est dire qu’il est plaisant. Le style est court, les images sont claires et fortes. Voilà un livre qui convient parfaitement aux professeurs de physique-chimie comme aux professeurs d’autres disciplines, curieux des images successives que les hommes se sont faites du monde dans lequel ils vivaient. Ce livre est une excellente introduction au cours de terminales par exemple ; il peut être conseillé aux élèves (…) A lire par celui qui veut se laisser convaincre de parler d’histoire des sciences en enseignement scientifique, de sciences en enseignement littéraire, ou tout simplement pour le plaisir ".

LES CAHIERS PEDAGOGIQUES ", n° 378, novembre 1999, p. 75

" Œuvre d’un professeur de physique et d’un professeur d’histoire, ce livre très clair, avec des encadrés (une réfutation de l’astrologie p. 38), des états des questions et des index fort utiles, retrace l’évolution des conceptions du monde, ou de l’univers, en les mettant en relation avec celle des mentalités. " A une époque où la tentation de l’irrationnel est forte, cet ouvrage est un plaidoyer pour une science en perpétuel mouvement, pour une culture scientifique nourrie de l’histoire même des sciences ". Un livre important pour un travail interdisciplinaire, qui rappelle que la science s’est construite, qu’on le veuille ou non, autour de questions profondément métaphysiques ( et qu’elle) ne s’est pas développée de manière linéaire " (L’US, 16/1/99 ; les Editions Adapt sont celles du SNES) ".

QUOTIDIENS

L’HUMANITE " (Arnaud SPIRE), 3 février 1999

" Ce récit est un plaidoyer pour une histoire des sciences en perpétuel mouvement. Il est préfacé par Jean Rosmorduc de l’Université de Brest. Vivant et coloré, il est accompagné d’encarts scientifiques, chronologiques et biographiques qui rendent sa lecture attrayante et accessible au plus grand nombre ".

LE PARISIEN " (Sophie BORDIER), supplément de Seine et Marne – 15 janvier 1999

" (Ce livre a pour) objectif : mettre fin aux idées reçues et montrer la relativité des progrès scientifiques qui oscillent sans arrêt entre avancée et recul ".

RADIOS

FRANCE CULTURE " (Gabriel GOHAU), dimanche 24 septembre 99 – 9h40

" C’est prodigieux de la part de l’éditeur d’avoir réalisé un tel ouvrage à ce prix ".

RADIO LIBERTAIRE " (Kévin NOUVEL), vendredi 22 septembre 19h.

" Excellent ouvrage, clair et accessible, dont la lecture est vivement recommandée ".

REVUES REGIONALES

SEINE ET MARNE MAGAZINE ", n° 40, mars - avril 1999, p.29.

" Au carrefour entre physique, philosophie et histoire, ce récit vivant à la portée de tous intéressera ceux, enseignants, étudiants, lycéens qui souhaitent enrichir ou raviver leurs connaissances ".

L’ACTUALITE POITOU – CHARENTES ", n°44, avril – mai – juin 1999.

" Les auteurs, respectivement physicien et historienne, ont voulu montrer comment les savants ont progressé avec, et souvent contre, les mentalités de leur époque pour comprendre qu’elle était la place de la Terre dans l’Univers et parvenir à une explication du monde. (...) Des encarts scientifiques, biographiques, chronologiques, des anecdotes concernant quelques savants rendent en effet cet ouvrage plaisant, réalisé dans le but de rendre l’histoire des sciences accessible à un large public ".

MALAKOFF INFOS ", n° 137, mars 1999, page 24

" L’histoire de la connaissance du monde est faite d’avancées et de reculs, de tâtonnements et d’affrontements, d’intuitions géniales et de préjugés. Ce récit très vivant (avec cartes, schémas, explications scientifiques, biographies des savants) passionnera également lycéens, étudiants et tous ceux qui s’intéressent à la culture scientifique ".

LE MAGAZINE DE ROISSY EN BRIE ", décembre 1999, page 15

" Une passionnante histoire de la science et des hommes qui l’ont faite ".

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ENTRETIEN ACCORDE EN JANVIER 1999 PAR A. SIMAAN ET J. FONTAINE A l’U.S.
(Université Syndicaliste – Organe du S.N.E.S, Syndicat National des Enseignements Secondaires).

U.S. : Arkan SIMAAN, vous êtes professeur de physique. Vous venez de publier en collaboration avec Joëlle FONTAINE, professeur d’histoire, un livre décrivant comment l’homme a découvert que la Terre est ronde, qu’elle n’est pas le centre du monde et que, tournant sur elle-même, elle voyage autour du Soleil à une vitesse vertigineuse. Comment avez-vous eu l’idée d’écrire un livre sur un sujet aussi vaste, qui s’étend sur trois millénaires ?

A.S : En discutant avec un professeur d’histoire, bien sur...mais je vais vous surprendre : nous sommes arrivés à ce livre sans presque nous en rendre compte ! Nous avons d’abord eu envie de faire la biographie d’un personnage assez méconnu et pourtant très attachant : Kepler. Nous nous sommes vite rendu compte qu’il était un condensé de choses fantastiques, un Janus tourné à la fois vers le mysticisme caractéristique de son temps et vers la science moderne dont il est l’un des fondateurs.

Pour comprendre sa démarche, nous avons été obligés de faire un sérieux plongeon en arrière, jusqu’à Pythagore et Platon. Et pour finir, on ne pouvait apprécier son importance sans montrer sa contribution à la première grande synthèse scientifique, celle de Newton. Et c’est ainsi que Kepler n’est plus qu’un chapitre de notre livre !

Maintenant, je pourrais bien sûr trouver une foule de bonnes raisons pour avoir écrit cette fabuleuse aventure humaine. Par exemple, ma conviction d’enseignant que nous avons tout à gagner à faire le lien entre les des différentes disciplines. Au carrefour de la physique, de l’histoire et de la philosophie, y a-t-il un terrain plus passionnant que celui de l’image du monde pour un travail interdisciplinaire ? Et puis il est grand temps que la physique sorte de son ghetto actuel et qu’elle prenne sa place comme partie intégrante et centrale de la culture. Je rejette la vision qui a relégué ma discipline au domaine des formules et des propositions sans âme : la science s’est construite, qu’on le veuille ou non, autour de questions profondément métaphysiques et dont les enjeux étaient tout autant religieux, politiques que scientifiques.

US : Joëlle Fontaine, qu’elle a été votre apport spécifique, en tant qu’historienne ?

J. F. : On sait bien aujourd’hui que la science ne s’est pas développée de manière linéaire, indépendamment du reste de la société : mais on n’en a pas toujours tiré toutes le conséquences ! Beaucoup d’ouvrages d’histoire des sciences, par ailleurs excellents quant au contenu scientifique, se contentent de faire précéder leur exposé des différentes découvertes d’une introduction historique donnant simplement un cadre très général.

Alors que nous avons voulu vraiment jouer le jeu, en mêlant constamment nos points de vue dans une rédaction commune. Par exemple, en rappelant comment au XIIème siècle, il a fallu le grand renouveau des échanges commerciaux et les contacts avec la science arabe en Espagne pour relancer les discussions astronomiques négligés jusque là, et l’idée de la sphéricité de la Terre. Ou encore en replaçant les différents épisodes de la vie de Kepler dans le contexte agité de la guerre de Trente Ans.

Ca n’a pas toujours été facile, et les échanges de vue ont été parfois très animés ! – sur l’utilité relative de telle explication scientifique, ou de tel rappel événementiel...mais c’est justement cela que j’ai trouvé passionnant. Je ne prétends pas avoir apporté d’éléments vraiment originaux – il y a des livres beaucoup plus volumineux et complexes sur la question – j’espère simplement intéresser les physiciens et leur donner le goût de replacer les lois qu’ils exposent dans le contexte de leur époque, de montrer les difficultés que l’on a eus parfois à imposer des principes aujourd’hui évidents.

US : Pourquoi avoir choisi le thème de l’image du monde ?

J. F. : C’est un thème fascinant, qui met en cause tellement de choses, et notamment l’idée que l’homme se fait de lui-même. Jean Rosmorduc a très opportunément rappelé dans sa préface ce que disait un grand historien, Lucien Febvre : il y a un lien étroit entre l’image qu’une société se fait d’elle-même, et celle qu’elle bâtit de l’Univers.

On a souvent dit comment le passage d’un univers clos, enveloppant l’homme qui en est le centre, à un monde démesuré, infini où la Terre n’est qu’un point minuscule et banal, a transformé progressivement les mentalités, au fur et à mesure que cette idée s’est diffusée dans la société. On ne pense pas toujours, en tant qu’enseignant d’histoire, à montrer les implications sociales et culturelles des grandes découvertes scientifiques : et pourtant c’est fondamental ! Là encore j’espère avoir contribué, du côté des historiens cette fois, à faciliter cette démarche.

Et puis c’est le thème par excellence où l’on voit renaître aujourd’hui les conceptions les plus irrationnelles, comme d’ailleurs à d’autres périodes de l’histoire. Nous voulons montrer les peurs engendrées par l’ignorance, l’exploitation qui en est faite par les astrologues ou les pouvoirs établis, et redonner par là toute son importance à la diffusion de la culture scientifique, et plus particulièrement aux contenus de l’enseignement !

US : Peut-on considérer votre livre comme une histoire des concepts, dans le domaine précis qui est le vôtre ?

AS : Notre ambition est plus modeste : il s’agit plutôt de donner au lecteur une introduction agréable à l’histoire des sciences. C’est pour cette raison que j’ai essayé d’expliquer les principales notions physiques concernant notre thème sans formalisme mathématique, sans utiliser de vocabulaire trop technique ; cela aurait rebuté nos collègues non scientifiques, et le public que nous espérons intéresser au-delà des enseignants : ceux qui veulent comprendre les enjeux de la science sans être arrêtés par un langage ou des formules qui leur sont inhabituelles.

Et ce qui est peut-être plus important encore : donner à nos lecteurs l’envie d’approfondir ces questions. D’où la bibliographie commentée qui se trouve à la fin de l’ouvrage. Et puis nous espérons bien faire rêver nos élèves, faire rêver et réfléchir les jeunes en leur rappelant les grandes questions que les hommes se sont toujours posées, et qu’ils ont résolues différemment selon la mentalité de leur époque.

US : Pourquoi votre livre s’arrête-t-il à Newton ?

AS : C’est la première synthèse véritablement scientifique et la suite à elle seule (trois siècles au lieu de trois millénaires) aurait mérité un livre de même ampleur ! mais votre question est une occasion de rappeler que les vérités scientifiques sont par définition incomplètes et destinées à être constamment dépassées. La physique de Newton est aujourd’hui dépassée par celle de la relativité. Et on peut penser à juste titre que celle-ci sera un jour également dépassée...C’est parfois difficile à comprendre, mais c’est ainsi que la connaissance progresse.

Nous espérons que la fresque que nous avons brossée contribuera à donner une vision non dogmatique de la science, à faire comprendre qu’elle est en perpétuelle évolution et qu’on n’en a jamais fini d’expliquer le monde.   

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Entretien entre Arkan Simaan et GABRIEL GOHAU (France Culture, septembre 1999)

GABRIEL GOHAU : Je voudrais ce matin vous présenter un livre, il se nomme L'image du Monde, des Babyloniens à Newton, il est édité par Adapt éditions, les deux auteurs de cet ouvrage sont Monsieur Arkan Simaan, agrégé de physique et professeur au lycée Charles-le-Chauve à Roissy-en-Brie et Madame Joëlle Fontaine, agrégée d'histoire et professeur au collège Michelet à Vanves. C'est un très bel ouvrage de 240 pages fort bien illustré. Madame Joëlle Fontaine n'a pas pu venir mais Monsieur Arkan Simaan est avec nous. Je voudrais en première question vous demander tout bêtement comment vous est venu l'idée d'écrire cet ouvrage sur l'histoire de l'astronomie en quelque sorte et pourquoi la collaboration d'un physicien et d'une historienne à la confection du livre ?

ARKAN SIMAAN : Je vais peut-être surprendre les auditeurs : nous sommes arrivés à ce livre pratiquement sans nous en rendre compte. D'abord nous nous étions intéressés à un personnage méconnu et très attachant, dont nous voulions faire la biographie : Kepler. Nous nous sommes rendus très vite compte que c’était un personnage exceptionnel, d’une grande richesse humaine et d’une grande complexité. Kepler est un véritable Janus, personnage mythique à deux faces : l’une tournée vers le mysticisme caractéristique de son époque et l’autre tournée vers la science moderne dont il est l'un des fondateurs.

Mais pour comprendre sa démarche mystique, il nous fallait faire un plongeon en arrière, ce qui nous ramenait à Pythagore et à Platon ; enfin, pour comprendre l’importance de Kepler dans la formation de notre science, il fallait pousser un peu plus loin, jusqu’à Newton.

Alors que nous voulions tout simplement faire une biographie, nous nous sommes trouvés à écrire un livre complètement différent. Maintenant que nous l’avons fait, après coup, je pourrais trouver beaucoup de bonnes raisons pour le justifier. D’abord, c’est un résumé commode, pouvant rendre service aux personnes qui veulent s’initier à un pan important de la culture. Ensuite, ma conviction d’enseignant est qu’il a rempli un vide puisqu’il montre à nos collègues qu'il y a un fil reliant les différentes disciplines. Notre thème, l'image du monde, est au carrefour de la physique, de l'histoire et de la philosophie. C’est ce qui rend cette histoire passionnante et d'une grande richesse culturelle, richesse méconnue parce qu’elle n'est pas suffisamment enseignée, parce qu’elle est négligée dans nos programmes. Bien que notre livre ne soit pas un manuel scolaire, il a été conçu par des enseignants pour d’autres enseignants, et pour les jeunes, lycéens et étudiants.

G. G. : Nous y reviendrons si vous voulez. D'abord restons un instant à Kepler, vous êtes un rationaliste, votre livre le montre, or Kepler a une face comme vous l'avez noté irrationnelle, une face rationnelle, comment peut-on être à la fois irrationnelle et parfaitement rationnel dans sa démarche ?

A. S. : Pouvait-il en être autrement à l'époque de Kepler ? Les gens ne savaient pas ce que nous connaissons aujourd'hui. Combien de savants ne se sont-il pas alors aventurés dans des terrains mystiques, cherchant des choses là où il n'y avait rien à trouver. Aujourd’hui nous savons qu'il n'y avait rien à trouver, mais eux non, et ils ont passé leur vie à chercher en vain.

Le problème de Kepler était celui de trouver l'ordre de l'Univers. Dans sa conception, cet ordre ne pouvait qu’être parfait : le monde étant une œuvre de Dieu, un être parfait, ne pouvait qu’être parfait. C’est parce qu’il croyait qu’il allait trouver le secret de Dieu derrière l’ordre de l’univers que Kepler a trouvé la force nécessaire pour persévérer dans ce travail épuisant, alors que sa situation familiale et matérielle était épouvantable. Ses motivations étaient donc fondamentalement métaphysiques et mystiques.

Or une chose est la motivation des savants, qui peut être rationnelle ou irrationnelle, et les pousse à chercher matière à exploration ou à recherche scientifique ; une autre est la rationalité indispensable qu'il faut avoir pour interpréter correctement les phénomènes observés. Si Kepler n'avait pas déjà fait preuve de cette rationalité qui caractérise la science moderne, il n’aurait pu interpréter correctement les observations qu’il avait eu la chance de récolter auprès de Tycho Brahe : on ne parlerait de lui plus aujourd'hui, comme on ne parle plus des autres savants que j’ai cités au départ.

G. G. : C'est vrai. Est-ce qu'on ne peut pas dire d'ailleurs la même chose de Newton ? Votre livre s'arrête à Newton, la grande synthèse de Newton bien sûr tout le monde la connaît : la loi de gravitation universelle. Or en même temps qu'il faisait cela Newton s'occupait d'alchimie, nous savons aujourd'hui que l'alchimie ne conduisait à rien et pourtant Newton semblait tenir à son alchimie.

A. S. : Il ne faut pas oublier que Newton a fait l’essentiel de son œuvre au XVIIème siècle. Ce n'est pas parce que les " Principia " ont été publiés en France, grâce à la traduction de Madame du Châtelet, en 1756 qu’il est un homme du XVIIIème siècle. Or au XVIIème siècle l'alchimie est encore une discipline digne d'intérêt. Comme je le disais à propos de Kepler, avant que la chimie moderne n’existe, un savant était en droit de penser qu'il pouvait trouver quelque chose en pratiquant l’alchimie. C'est aujourd'hui qu’elle est complètement anachronique. Mais au XVIIème siècle - Newton a arrêté ses travaux d’alchimie en 1693 - tous les grands esprits s'y intéressaient. Newton n’en est qu’un exemple, même s’il a passé un temps considérable à faire ces études, temps comparable à celui qu'il a consacré à la science.

G. G. : Il reste évidemment que ces deux grands esprits ont été d'abord, vous l'avez bien montré, d'éminents rationalistes dans leurs recherches des lois de la nature.

A. S. : S’ils ne l’avaient pas été, on ne parlerait plus d'eux. Tous ceux qui ont eu une démarche irrationnelle dans leur motivation et qui ont ensuite interprété les faits de manière irrationnelle, ont été oubliés de l’Histoire. Ils se comptent par centaines. Pour avoir cherché en vain, ils n'ont apporté aucune contribution : je le répète, si Kepler et Newton ont laissé leur nom dans l'histoire, c'est bien parce qu’ils ont donné une interprétation rationnelle aux phénomènes observés, même si leur motivation était parfois irrationnelle.

G. G. Or nous savons que cette démarche rationnelle est une démarche très difficile à acquérir. L'éclipse du 11 août a bien montré à la fois l'engouement du public pour l'astronomie mais en même temps la remontée de multiples élucubrations de quelques uns dont on ne rappellera pas les noms, ils sont dans toutes les mémoires. Il y a des précédents historiques de ces élucubrations ?

A.S. : Bien entendu. L'éclipse a toujours été un phénomène redouté dans toutes les civilisations. D'ailleurs, ceux qui ont vu l'éclipse totale du 11 août dernier savent de quoi je parle. Ceux qui ont vu la nuit à midi, ceux qui ont vu les étoiles apparaître dans le ciel en plein jour et qui ont ressenti cette forte baisse de température savent qu’il s’agit d’un phénomène vraiment impressionnant. Et il a toujours impressionné les gens. D’ailleurs nous racontons dans notre livre un précédent : l’éclipse de 1654, censée apporter autant de malheurs que Paco Rabanne nous en avait prédits.

L’hystérie collective survenue à l’occasion de l’éclipse de 1654 a contribué à sa manière à entretenir l’ambiance de superstition qui sera à l’origine de la plus grave affaire criminelle du règne de Louis XIV : l’Affaire des Poisons. C’est l’attachement à l’astrologie, la peur des choses surnaturelles et des phénomènes célestes qui expliquent cette affaire où une partie de la noblesse participait à des sabbats, messes organisées pour Satan. Et les prémisses de toute cette irrationalité apparaissaient déjà à l’occasion de l’éclipse de 1654.

A l’origine de l’hystérie organisée à ce moment-là se trouvait un apocryphe attribué à un Italien qui disait que le Jugement Dernier viendrait avec l'éclipse. D’où une grave panique qui a conduit le gouvernement Mazarin à demander aux autorités religieuses et aux autorités scientifiques d'intervenir pour calmer la population, en donnant une explication scientifique de l'éclipse : la science apparaissait déjà comme le seul moyen de combattre l'irrationalité !

G. G. : Les comètes aussi sans doute ?

A.S. : Les comètes, elles aussi, ont été à l'origine de beaucoup de superstitions. Elles ont été rendues " responsables " de la chute de Constantinople, de l’incendie de Londres et de plein d’autres catastrophes. Rares sont les désastres qui ne furent pas attribués aux comètes.

Une des plus surprenantes peur des comètes eut lieu en plein XXème siècle, en 1910, lors du passage de celle de Halley. Il y eut des scènes de panique dans le monde entier, de Rome et Paris à Mexico, en passant par les Etats-Unis.

Permettez-moi de faire ici un parallèle significatif. Il s’est reproduit en 1910 le même scénario qu’en 1654 : des aigrefins en ont profité pour vendre des cierges censés protéger du " mal l'éclipse " en 1654 et du " mal des comètes " en 1910. Comme on peut le constater, les charlatans s’inspirent mutuellement.

Mais ce qu'il y a de plus étonnant en 1910, donc au XXème siècle, ce sont les suicides et les actes de folie. Par exemple, une Parisienne jette ses meubles par la fenêtre, une Allemande jette son bébé de six mois dans un puits, etc.

G. G. : Question un peu délicate parce qu'une enquête d'une dizaine d'année je crois avait montré qu'un tiers des Français croyait encore que le Soleil tournait autour de la Terre. Est-ce qu'il n'y a pas tout de même une difficulté particulière pour enseigner l'astronomie et son histoire ?

A.S. : Il est évident que si on laisse les gens sans enseignement, la connaissance sur les phénomènes célestes recule. C’est cette évidence qui est révélée par ce sondage où l’on voit 30 % de Français affirmer que la Terre est immobile et que c'est le Soleil qui tourne autour de nous.

La difficulté d'enseigner l'astronomie et son histoire tient au fait que cet enseignement est au carrefour de trois disciplines : de l'histoire, de la physique et de la philosophie, sans parler des inévitables implications religieuses. Premier obstacle : laquelle de ces disciplines devrait assurer cet enseignement ? Je pense que dans un collège le professeur le plus indiqué serait celui d'histoire et de géographie, ces deux matières étant enseignées par la même personne. Par contre au lycée je pense que ce serait le professeur de physique, en accord avec celui de philosophie. Mais dans tous les cas de figure il faudrait que cet enseignement soit correctement assuré un jour ou l'autre.

G. G. : Question difficile. On ne peut sans doute pas la résoudre ce matin. Je vous remercie Monsieur Simaan. Je voudrais dire que votre livre, après sa première édition au début de cette année a été épuisé au bout de deux mois, preuve quand même qu'il a eu un certain succès auprès du public. L’ouvrage que nous avons sous les yeux, c'est la seconde édition qui a été faite avec une relecture attentive de Michel-Pierre Lerner et Jacques Lévy de l'Observatoire de Paris et qu'il y a une très belle préface de notre ami Jean Rosmorduc.

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