ADAPT-Snes éditions, 168 pages, 16 euros franco de port
Un livre qui propose des réponses aux questions que pose le nouvel enseignement de l’histoire des arts, impliquant toutes les disciplines scolaires, ainsi qu’une réflexion sur les pratiques artistiques.
ISBN 978-2-35656-028-5
Depuis 2009, l’enseignement de l’histoire des arts est obligatoire, de l’école au lycée.
Cependant, les textes officiels sont parfois difficiles à appréhender et à traduire en actions concrètes dans les établissements scolaires. Cet ouvrage prend le parti de faire alterner divers points de vue sur la question, avec des témoignages d’acteurs impliqués et concernés par la culture artistique dans le second degré : enseignants, élèves, artistes mais aussi responsables institutionnels, à travers notamment le regard d’un inspecteur et d’un chef d’établissement. Des exemples de ce qui peut se produire dans quelques établissements sont ici relatés.
L’objectif est également de donner des éléments de réflexion sur la place des arts au collège et au lycée, et la nouvelle donne introduite par l’enseignement de l’histoire des arts : quels sont les enjeux majeurs ? Quelles voies sont proposées aux élèves ? Quelles sont les possibilités et les difficultés en fonction des établissements scolaires ? Quels sont les moyens et les partenaires (institutionnels ou non) disponibles ? Mais aussi quelles pratiques et quels enseignements artistiques peuvent être mis en œuvre ?
Ce livre présente des pistes pour que l’histoire des arts soit vraiment une plateforme d’ouverture culturelle, qui permette à nos élèves de devenir des spectateurs avertis et exigeants, à l’heure des médias d’information en continu et du divertissement instantané.
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Introduction
La généralisation de l’histoire des arts en texte
Une filiation affirmée qui reprend la volonté présidentielle
Un texte de référence riche en propositions
Témoignage : un éclairage institutionnel
Témoignage d’une enseignante d’éducation musicale : l’histoire des arts ou l’histoire d’une volonté politique
DAAC, DRAC : le rôle de l’action culturelle
D’un enseignement optionnel de qualité reconnu et légitimé par ses débouchés
Quelle présence des arts au lycée ? Historique et enjeux de mise en œuvre
Certification complémentaire Arts : des éléments d’information
…À une généralisation décrétée de l’école au lycée
De la pertinence et légitimité des enseignements artistiques au lycée
La série L-Arts : spécificité et débouchés… plus particulièrement en histoire des arts
Témoignages : parcours d’élèves en série L-Arts
Questions et difficultés
Comparaison entre deux établissements
Le point de vue d’un chef d’établissement
L’histoire des arts dans un collège urbain
L’histoire des arts à l’épreuve de la ruralité
L’histoire des arts dans les nouveaux manuels de collège
Quid de l’évaluation ?
De la circulaire de 2009
…À celle de 2011
Et après le Brevet, que faire en 24 h au lycée ?
L’histoire des arts dans les nouveaux manuels d’histoire-géographie de lycée
La question du partenariat
Les projets artistiques globalisés
Le PAG Cathédrale : au cœur du patrimoine de Reims
Le PAG Comédie : au cœur d’un théâtre à Reims
Témoignage : comment faire vivre l’option théâtre au lycée
Témoignage : faire du slam au collège et au lycée
Annexe 1 : Extraits de la Lettre aux éducateurs, Nicolas Sarkozy, septembre 2007
Annexe 2 : Histoire des arts au cycle terminal, enseignements obligatoire et de spécialité en série L
Bibliographie
Glossaire
Les enseignements artistiques sont, depuis longtemps, obligatoires pour tous à l’école et au collège, et optionnels au lycée. À la rentrée 2009, répondant à une volonté présidentielle affirmée, le ministère de l’Éducation nationale institutionnalise un enseignement obligatoire d’histoire des arts, de l’école primaire au lycée. Cet enseignement était jusque-là optionnel en lycée général et technologique (spécialité en série L ou option facultative) et n’existait pas en tant que tel à l’école primaire ni au collège, même si la composante culturelle fait partie depuis longtemps des programmes, en particulier des enseignements artistiques, de l’histoire et des lettres. À une époque où les élèves sont submergés d’images animées et où l’instantanéité de l’information et des distractions qui leur sont proposées rend la transmission en classe parfois difficile, l’intérêt d’offrir aux élèves une ouverture culturelle n’est plus à démontrer.
Cependant, les textes officiels sont parfois difficiles à appréhender et à traduire en actions concrètes dans les établissements scolaires. Dans cet ouvrage, qui n’a d’autre ambition que d’apporter des éléments de réflexion sur la place des enseignements artistiques au collège et au lycée et la manière dont on peut intégrer au mieux l’histoire des arts, nous avons pris le parti de faire alterner divers points de vue sur la question. Des points de vue institutionnels, des témoignages d’enseignants de diverses disciplines, mais aussi des interviews d’artistes, d’élèves, et bien sûr des exemples de ce qui peut ou a pu se produire dans quelques établissements. À travers la nouvelle donne introduite par l’enseignement de l’histoire des arts, quelle place le rapport aux arts occupe-t-il maintenant dans le second degré ? Comment l’explorer à travers les partenariats ? La sensibilisation aux arts à l’école peut-elle se réduire à l’enseignement de l’histoire des arts ? Comprendre les enjeux de cet enseignement est également l’un des objectifs de cet ouvrage, avec une nécessaire réflexion sur son évaluation. Comment travailler en interdisciplinarité sans négliger les programmes respectifs des différentes disciplines concernées, comment faire entrer l’histoire des arts et les enseignements artistiques à l’école sans mettre en danger le contenu des disciplines artistiques déjà enseignées, comment concilier les différentes approches disciplinaires et la sensibilisation à l’art ?
La généralisation de l’enseignement de l’histoire des arts nous semble une bonne occasion de donner quelques exemples d’opportunités qu’ont les élèves d’approcher la diversité des domaines artistiques au collège et au lycée, à travers des exemples choisis. Nous avons pris le parti de développer quelques témoignages s’appuyant sur les arts du langage et les arts du spectacle vivant, pour ne pas réduire l’art aux Beaux-arts. L’ambition n’est certes pas de proposer un modèle universel ! L’idée est plutôt de se pencher sur les approches des arts à l’école, et de rechercher des solutions pour que, malgré le peu de moyens impartis, les élèves puissent bénéficier d’une plus grande ouverture culturelle et artistique.
Sandrine Charrier est professeure d’éducation musicale et secrétaire nationale du SNES-FSU, responsable du secteur Contenus, dont l’objectif est de réfléchir sur les contenus d’enseignement et les pratiques pédagogiques.
Élodie Cutrona est professeure documentaliste en collège à Reims et a été chargée de mission dans l’académie de Reims, pour la production de ressources pédagogiques disciplinaires et transdisciplinaires sur le site académique.
Laurent Etienne.com est champion de France de slam 2009 et membre fondateur de la Ligue Slam de France et de l’association les Ateliers Slam.com.
Eric Guérin est IA-IPR (Inspecteur d’académie – Inspecteur pédagogique régional) d’arts plastiques. Il est chargé du suivi de l’enseignement de l’histoire des arts pour l’académie de Reims.
Stéphane Krähenbühl est comédien et membre de l’ensemble artistique du Théâtre de la Ville de Paris.
Yohan Odivart est professeur d’histoire-géographie en collège à Reims, et enseigne en particulier auprès des sections internationales britanniques.
Véronique Vanier est professeure d’histoire-géographie et d’histoire des arts, titulaire d’une licence et maîtrise en danse contemporaine, et chargée de mission dans l’académie de Grenoble, pour la formation des enseignants en histoire des arts.
À travers les enseignements artistiques dispensés au collège et au lycée depuis bien des années, les arts ont trouvé une place et une légitimité au sein de l’école. Que ce soit par l’intermédiaire des cours d’éducation musicale ou d’arts plastiques, des ateliers de pratiques artistiques, de l’éducation à l’image ou des sorties culturelles, les collégiens ont régulièrement l’occasion d’être confrontés aux œuvres. Quant aux lycéens, la diversité des options proposées devrait leur permettre d’avoir accès à une culture artistique, à condition quand même que les enseignements existent à une distance géographique raisonnable.
L’Éducation nationale se trouve maintenant confrontée à un nouveau défi, à travers la généralisation de l’enseignement de l’histoire des arts à tous les niveaux. À travers ce nouvel enseignement, l’idée de diversité est un challenge que les équipes doivent prendre en considération. Elle a été un maître mot dans cet ouvrage : diversité d’opinions, de pratiques, de lieux et de partenaires artistiques… Mais comment relier cette diversité à l’injonction de culture universelle ? Cet enseignement demande aux professeurs de travailler différemment, d’adopter des postures d’ouverture à travers des pratiques déjà expérimentées mais non encore généralisées comme la co ou l’interdisciplinarité. Les partenariats avec des structures hors des établissements scolaires et l’accueil de professionnels de l’art et de la culture demandent parfois une adaptation des pratiques pédagogiques, pour que ni les enseignants ni les intervenants ne soient instrumentalisés, entre autres, par l’injonction de mise en œuvre de l’histoire des arts.
En effet, la multiplicité des pratiques ne doit pas faire oublier une autre injonction : la construction d’une culture commune reposant sur les grandes œuvres de l’humanité. Le patrimoine local, même riche, ce qui n’est pas toujours le cas, est insuffisant pour répondre à une telle ambition d’universalité culturelle partagée. Le contact avec les œuvres ne peut alors parfois se faire que virtuellement… La difficulté consiste alors pour les enseignants à ne pas utiliser uniquement les ressources offertes par le patrimoine local, permettant un contact direct plus aisé avec les œuvres , mais à faire en sorte d’explorer, le moins artificiellement possible, l’art et le patrimonie culturel national, européen mais aussi extra-européen. De même, les ambitions annoncées ne sont pas soutenues par des dispositifs permettant une mise en œuvre pertinente de l’enseignement d’histoire des arts. Si celui-ci s’est mis en place à marche forcée au collège pour répondre à la nouvelle épreuve du Brevet, la mise en œuvre au lycée est quasiment inexistante. Les enseignants ont déjà bien des difficultés à répondre aux demandes institutionnelles nées de la réforme du lycée, et introduisant de nouveaux enseignements inscrits dans les emplois du temps, pour s’aventurer dans des parcours interdisciplinaires pour lesquels aucune plage de concertation n’est prévue, et aucune évaluation demandée. Dans ces conditions, la construction d’une culture artistique commune risque de s’arrêter aux portes du lycée.
Ce serait dommage. Car malgré les tâtonnements et les tiraillements (bien trop souvent idéologiques, donc politiques) liés à sa mise en place, l’histoire des arts peut être une richesse. Pour les élèves, bien entendu, que les difficultés sociales ou l’emplacement géographique ne doivent pas exclure du beau et du sensible (et, a fortiori, de la culture). Pour les enseignants, aussi, qui sont ainsi confrontés à de nouveaux axes pédagogiques et à d’autres fonctionnements que celui de leur seule discipline. Évidemment il nous faut insister sur l’indispensable concertation, systématiquement oubliée dans les instructions officielles. Pour les partenaires artistiques enfin, généralement ravis de trouver dans les collèges et les lycées des relais de leurs passions, qu’ils transmettent volontiers, et avec enthousiasme.
Car au-delà de l’histoire des arts, c’est un parcours de découverte artistique presque personnalisé qui pourrait être proposé aux élèves tout au long du secondaire, comme les exemples d’actions décrites dans cet ouvrage cherchent à le démontrer. Il ne faut donc pas chercher à travers l’approche des arts une nouvelle discipline, qui impliquerait des règles d’évaluation fixes et normées, mais une plate-forme (plutôt qu’une passerelle) ouverte sur le monde, « hors des murs » de l’École.
Au-delà des débats, cet ouvrage a cherché à démontrer la nécessité et l’intérêt de la transmission du sensible aux générations futures, quel que soit leur milieu social et leur appétence pour le sujet. Si elle peut passer par l’histoire des arts, d’autres possibilités existent cependant dans les établissements. La spécificité des enseignements artistiques leur donne toute leur valeur, et nous ne devons pas oublier non plus la plus-value apportée par les ateliers de pratiques artistiques. Rien, à ce jour, ne nous permet de prédire l’évolution de ce nouvel enseignement, encore tiraillé entre différentes interprétations dont certaines, à tort, le réduisent à l’histoire de l’art.
Confondre l’approche culturelle et artistique qui doit être offerte aux élèves avec l’enseignement de l’histoire des arts ne permettrait pas de prendre en considération les différents aspects d’une sensibilisation indispensable…