Logiciels libres et logiciels alternatifs
Mise à jour : 16 nov. 2004
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Des logiciels libres pour une école laïque ?
De quelle liberté s'agit-il ? (Us-magazine 02-2002)
L'utilisation d'un ordinateur suppose avant tout l'installation d'un programme appelé système d'exploitation, le S.E. ou Operating System. On peut citer Windows, le plus utilisé (mais aussi le plus instable et le plus sensible aux virus), pour les PC; MacOS pour les Macintosh; et Linux, le petit poucet qui monte, héritier d'Unix, connu pour ses grandes qualités de stabilité (un PC sous Linux peut fonctionner plusieurs mois sans avoir besoin d'être redémarré, c'est dire !) et de sécurité (les données des utilisateurs sont séparées et protégées, ce qui explique en partie sa faible vulnérabilité aux virus) pour les PC et pour Macintosh. Le S.E. est le programme de base qui gère le matériel (processeur, mémoire, imprimante,...).
Ensuite, seulement, l'utilisateur peut faire fonctionner d'autres programmes appelés "applications": traitements de texte (Word, StarOffice, WordPerfect, Abiword,...), traitements d'image (Photoshop, Gimp,...), tableurs, navigateurs (pour l'Internet), jeux, logiciels éducatifs, ...
Tous ces logiciels sont soumis au respect des droits d'auteur et à une licence d'exploitation. Celles-ci sont de plusieurs sortes :
La licence de type "propriétaire" et payante.
C'est la plus restrictive : l'auteur (ou la société d'édition) vend le droit d'UTILISER le programme sur un ou plusieurs ordinateurs. Toute copie autre que de sauvegarde est interdite sous peine de sanctions pénales et civiles ce qui fait de beaucoup d'utilisateurs des délinquants. Attention, notre statut de fonctionnaire ne nous protège évidemment pas contre d'éventuelles poursuites, même si la copie est faite pour et dans le cadre de notre travail. Le code source, c'est à dire la "formule" qui a permis de fabriquer le logiciel n'est pas fourni. Seul est fourni le programme sous forme binaire, directement utilisable par l'ordinateur mais incompréhensible par l'utilisateur, même très averti. Il est ainsi impossible de vérifier si un logiciel a des fonctionnalités cachées. Il est d'ailleurs interdit de modifier le programme, même à titre strictement personnel, même pour corriger un bogue ! Exemples typiques : les logiciels Microsoft.
A l'opposé, les logiciels ...libres (les LL) et gratuits.
C'est la formule la plus libre. L'auteur autorise (et souvent encourage) expressément la copie, la modification, l'amélioration du programme (et la divulgation de son code source). Seul impératif, le nouveau programme ainsi créé doit être soumis à la même licence, pour éviter qu'une société s'approprie un logiciel libre après l'avoir modifié.
Entre les deux, les logiciels dits en "Open Source".
Le programme est modifiable pour un usage personnel et le code source est fourni (par exemple la suite bureautique StarOffice).
Dans tous les cas, il est bon de lire la licence fournie avec le logiciel, car il peut y avoir des variantes.
Il faut aussi faire une distinction entre libre et gratuit.
Ces deux termes se traduisent par " free " en anglais mais certains programmes sont gratuits et non libres (Internet Explorer de Microsoft, Netscape,...) : vous n'avez pas le droit de les modifier (c'est d'ailleurs impossible sans le code source).
Libre ne veut pas dire gratuit ! (US-magazine 11/1999)
Un logiciel est libre si et seulement si son code source est disponible, si on peut le copier, le modifier et le diffuser librement. Un informaticien peut donc le lire, l'analyser, l'utiliser pour produire de nouvelles applications. Il pourra alors être reconnu comme auteur de la modification mais pas comme propriétaire c'est-à-dire qu'il laisse à son tour le code-source disponible.
Ceci n'a rien à voir avec la gratuité des freeware, ou graticiels, qui restent " propriétaires ". Les droits obtenus sont dans ce cas limités à l'usage du produit fini. Un informaticien ne peut pas, en principe, lire le programme et surtout n'a pas le droit d'en reprendre des segments dans sa propre création.
Ainsi, les associations d'utilisateurs de logiciels libres agissent pour se prémunir contre l'appropriation par un tiers d'un patrimoine cognitif et contre une forme de détournement du droit d'auteur au profit des entreprises "propriétaires".
Sont libres plusieurs systèmes dexploitation (Linux, Unix, Free BSD), le navigateur Netscape, et une pléïade dapplications (que parfois on paye).
Sont souvent gratuits : Internet Explorer (de Microsoft), les suites de bureautique Corel sous Linux et Star Office sous Windows, les milliers de graticiels conçus par des amateurs du monde entier.
Pourquoi un logiciel libre n'est-il pas gratuit, pourquoi semble-t-il gratuit ?
Parce que le travail effectué :
- soit a été payé une fois par l'organisme ayant commandé l'application,
- soit est payé par l'institution employant le chercheur, l'enseignant,
- soit vient d'un étudiant,
- soit est considéré par l'auteur comme un uvre ("d'art?") à faire connaître.
Contrairement à une opinion répandue, les logiciels libres sont très utilisés, en particulier sur internet et les réseaux. Certes la puissance financière de Microsoft est dangereuse mais seule une loi alignant l'Europe sur la législation américaine des brevets pourrait empêcher l'existence des logiciels libres.
Quelques définitions complémentaires
- Un "freeware"; est du domaine public en ce sens qu'il est à la disposition de tous, gratuit et libre de droit (à condition de ne pas le modifier).
- D'un logiciel commercial, l'utilisateur n'achète qu'une licence d'exploitation, la loi autorise une copie de sauvegarde, aucune modification n'est permise.
- Un "shareware", ou logiciel contributif, est gratuit pour une période d'essai mais une contribution doit être versée pour l'utiliser durablement.
L'école a-t-elle le choix ? (US-magazine : 11/1999)
Certes l'école doit éviter d'habituer les élèves à dépendre d'une entreprise privée en position dominante et donc éviter de "choisir" par facilité qui vous "a choisi" à travers une démarche commerciale (cf. la licence dite School de Microsoft).
Mais promouvoir dans lenseignement l'usage de logiciels libres va plus loin. On s'éloigne d'une logique de consommation et on se place dans une logique coopérative, avec des produits conçus pour des multi-utilisateurs, pour fonctionner en réseau, et susceptibles d'être objets d'étude et d'adaptation. Le professeur peut adapter l'outil à ses objectifs et à sa pédagogie.
L'exercice n'est pas évident pour autant et suppose un minimum de culture informatique ou d'aide.
- Le plus courant est le réseau de postes sous Windows 95/98 avec serveur Linux.
- L'étape suivante est de plus en plus le "dual-boot" où lutilisateur choisi son système au démarrage de la machine car en installant le système d'exploitation libre Linux sur un poste, il est fort probable qu'on éprouvera le besoin de conserver Windows d'où partition du disque.
- Et que faire de Linux ? Quelles applications ? Pas de logiciels éducatifs ou culturels, du moins pas encore. Néanmoins, on peut utiliser une suite bureautique comme StarOffice (fichiers compatibles avec les formats courants), gratuite dans le cas d'une utilisation personnelle sur un seul poste, accessible aux établissements pour un coût symbolique; on peut taper ses textes avec WordPerfect v.8, du canadien Corel, retoucher des images avec Gimp (inclus dans des distributions citées en annexe, aussi puissant que Photoshop), programmer en Java ou en C++.
Pour montrer lintérêt de lutilisation à l'école des logiciels libres, des sites " expérimentaux " fonctionnent dans plusieurs établissements. Un projet est expérimenté actuellement à léchelle d'une académie (Grenoble).
Code source et "libertés" (Us magazine, 02/2002)
Des conséquences assez importantes découlent de l'accès ou non au code source. Dans le cas d'un LL, n'importe qui (de compétent) peut corriger un bogue. Dans le cas de logiciels propriétaires, il faut attendre que l'éditeur (lui seul peut le faire) propose un correctif. Encore faut-il qu'il le veuille (le produit peut ne plus être développé) ou que la société n'ait pas disparu.
Un autre aspect intéresse chacun, utilisateur ou non d'un ordinateur. N'oublions pas que l'informatique c'est " le traitement automatisé de l'information ". En utilisant un programme pour consulter un site Web, votre ordinateur pourrait, à votre insu, livrer au serveur consulté des données confidentielles contenues sur votre disque dur ! A des fins commerciales peut-être. Mais ce pourrait être aussi votre médecin qui laisse partir à son insu des informations sur votre état de santé ! Les soupçons qui ont pesé sur Microsoft d'avoir collaboré avec le NSA (les " grandes oreilles américaines ") pour espionner des entreprises européennes sont techniquement plausibles. Dans le cas d'un LL, il est possible de consulter le code source pour vérifier si cet espionnage existe. Dans le cas contraire, c'est tout bonnement impossible...
Brevet - logiciel : quels enjeux ?
Actuellement, le développement des LL est très important et concurrence très fortement les logiciels propriétaires. Cependant, l'existence des LL n'est pas du goût de tout le monde, principalement des grandes multinationales qui y voient une perte de pouvoir et de revenus. Un très fort lobbying est fait auprès des administrations européennes et nationales pour rendre possible le brevet logiciel en Europe. Celui-ci existe aux USA et au Japon avec des conséquences extrêmement néfastes.
En effet, les logiciels sont, c'est normal, protégés par le droit d'auteur pour empêcher que quelqu'un ne s'approprie indûment le travail d'un autre. Le brevet, lui, ne protège pas les logiciels eux-mêmes, mais permet de s'approprier les concepts sous-jacents. Par comparaison, les oeuvres littéraires sont protégées de la copie illicite et du plagiat ; mais l'écriture des romans de cape et d'épée est libre et il n'est pas besoin de demander l'autorisation aux héritiers d'Alexandre Dumas pour en écrire un ; de même, Picasso n'a pas breveté le cubisme et les formules mathématiques ne le sont pas plus.
L'adoption du brevet logiciel sur le vieux continent serait un véritable " Tchernobyl informatique " en bloquant l'innovation et la création libre au profit de grosses sociétés disposant d'importants moyens financiers pour se payer dépôts de brevets et cabinets d'avocats, pour assurer leur domination. Les récentes affaires de brevets sur les médicaments dans des pays du tiers-monde (Cf. Afrique du Sud et le SIDA), le brevetage de séquences d'ADN (matériel génétique) participent du même mouvement.
(Us magazine, 02/2002)
Actualité 06/03 : Une des conséquences de la mondialisation : les brevets de logiciels
Les logiciels libres connaissent un succès grandissant et commencent à faire de l'ombre à de très grosses sociétés dont MicrosoftTM qui craint de perdre son monopole sur les PC et la bureautique (Openoffice.org® contre MSOffice®, Linux® contre Windows® et Apache dans les serveurs) et ainsi sa mainmise sur l'informatique à l'école. Cette concurrence n'est pas de leur goût. Or, ces sociétés viennent de trouver une aide de la Commission européenne (et de l'Office Européen des Brevets) avec un projet de directive examiné en ce moment par le Parlement européen. Celle-ci, si elle était adoptée, légaliserait le brevet de logiciel et permettrait ainsi à ces grosses sociétés, bardées d'une armée d'avocats, d'éliminer la concurrence des logiciels libres (et celle des graticiels et partagiciels) à grands coups de procès et de " terrorisme judiciaire ", de conserver et d'amplifier de façon durable leurs quasi-monopoles sur toute la planète et d'aggraver les inégalités, notamment en matière d'éducation.
Des conséquences du même genre ont eu déjà lieu avec des brevets sur le vivant et les séquences génétiques. Ainsi, on peut lire sur http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idp=1&idb=2417 : "La société américaine Myriad GeneticsTM a déposé un brevet (auprès de l'OEB) sur un test de dépistage utilisant des séquences du génome humain... La seule utilisation de la séquence décrite dans le brevet pour réaliser d'autres méthodes de comparaison à des fins diagnostiques de prédisposition aux cancers est désormais interdite à tout autre laboratoire sous peine de poursuites pour contrefaçon... La société Myriad Genetics ne souhaite accorder aucune licence d'exploitation de ses tests. Elle oblige [...] les laboratoires d'analyse génétique européens [...] à envoyer leurs prélèvements à Salt Lake City. [...] Les opposants au brevet soulignent que [...] le coût est trois fois supérieur aux tests réalisés en France."
(Us magazine, 06/2003)
Des adresses pour une information complète et accessible, pour comprendre ce que sont les brevets de logiciels :
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Vous verrez souvent apparaître la mention suivante sur des logiciels libres ou des textes et oeuvres numérisées disponibles sur Internet :
Ces articles sont soumis à la licence libre GPL, c'est à dire que la reproduction exacte et la distribution intégrale sont permises sur n'importe quel support, à autant d'exemplaires que vous le désirez, pourvu que cette notice et les mentions de copyright soient préservées.
Pour en savoir plus, consultez par exemple la traduction suivante (non officielle) avec renvoi sur le texte original en anglais : http://www.april.org/gnu/gpl_french.html
Se procurer des logiciels libres (Us magazine, 02/2002)
Comme la plupart des LL sont gratuits, ils sont hors commerce et ne font pas l'objet de promotion. L'auteur, bénévole, ne peut investir dans la publicité. De ce fait, ils sont peu ou pas connus, à l'inverse de ceux produits par les gros éditeurs que vous trouvez en magasin ou pré-installés sur votre PC. Donc, il faut aller à leur recherche sur le Net (c'est la source d'approvisionnement la plus directe mais, pour des programmes dépassant les 10 Mo, le temps de téléchargement avec un modem est assez important), dans les centres académiques de ressources informatiques, les CDDP ou dans certains magazines comme Freelog ou Login. On peut parfois avoir intérêt à payer car acheter à prix symbolique un cédérom avec StarOffice (ou une revue le proposant sur un cédérom) économise une connexion longue et permet une réinstallation rapide au besoin. De toute façon, on peut en faire profiter proches et collègues, la copie étant autorisée. Une simple recherche sur le Net avec les mots "graticiels" ou "logiciels libres gratuits" affiche une longue liste de sites. Certains logiciels sont en anglais, mais les auteurs acceptent souvent volontiers l'aide de bénévoles bilingues pour des traductions...
Vous pouvez aussi passer soit par
notre page de liens du "libre" soit par
nos pages de liens disciplinaires.
Des cédéroms pour une informatique libératrice ? (US-magazine : 11/1999)
Système d'exploitation Linux
Le caractère commercialement non structuré de Linux fait qu'il en existe plusieurs "versions" appelées distributions.
Consultez notre page Linux et démonstartions de Linux
Suites de bureautique gratuites ou presque
Adressez vous à votre CRDP ou à votre centre de ressources en informatique.
Logiciels divers
Si vous n'êtes pas sur le réseau, prenez contact avec l'EPI, 13 rue du Jura, 75013 - Paris. Sinon voyez nos leins ou ceux de l'EPI http://www.epi.asso.fr
Petite sélection de logiciels gratuits/libres pour Windows (US magazine, 02/2002)
De nombreux LL ne sont pas sur cette liste, mais vous pourrez les retrouver très facilement grâce à nos liens. Les logiciels indiqués ici sont adaptés à Windows mais il en existe bien plus sous Linux, lequel peut être installé sans problème sur un PC côte à côte avec Windows.
- Bureautique
- Manipulation d'image
Le Gimp est un outil très puissant
- Mathématiques
Lilimath et Lilimini. Ensemble d'exercices du primaire au lycée. http://lilimath.free.fr/
Déclic. Petit programme (356ko) pour Windows 3.1 à 9x avec de nombreuses fonctions de tracé géométrique (par exemple un triangle et ses bissectrices) http://home.nordnet.fr/~eostenne/declic.htm
- Géographie
Connais-tu l'Europe? : http://users.skynet.be/bd/europe/
- Sciences
Open Universe. Logiciel de simulation 3D en temps réel du système solaire. http://charger.tuxfamily.org/index.php3
Anatomie: : http://users.skynet.be/bd/europe/
GNUWin II : un site et un CD Les logiciels libres sont de plus en plus orientés vers l'utilisateur final. Développés à l'origine pour des systèmes d'exploitation libres comme Linux, certains ont été portés sous Windows (OpenOffice.org, Abiword,...). Pour en faciliter la recherche, une équipe de bénévoles a créé une compilation (GNUWinII) de logiciels libres pour Windows, répartis dans de nombreuses catégories :
- Bureautique : OpenOffice.org et son installeur de dictionnaire, le traitement de texte Abiword
- Outils de développement
- Graphisme : Gimp (création et de manipulation d'images), Blender et PovRay (animations et images en 3D), Dia (création de schémas),...
- Ingénierie : LeoCAD (CAO); gEDA (circuits électroniques); Qcad (CAD)
- Des jeux en 2D et en 3D : Tux Racer, GNU Chess (échecs), Pingus, GNU Typist, Tux Paint, glTron, BillardGL,...
- Multimédia : des encodeurs audio (format ogg, mp3 et wav) et vidéo
- Sécurité : Eraser, WinPT, Nmap 3.00,...
- Sciences et Mathématiques : Maxima, Scilab, Celestia, Gnuplot,...
- Serveurs et banques de données : Apache, MySQL,...
- Systèmes d'exploitation : FreeDOS, XFDisk,...
- Compression : 7-Zip (intégré dans l'explorateur de Windows)
Plus d'infos et téléchargement sur http://gnuwin.epfl.ch/fr/index.html
Un CD contenant la plupart de ces applications est disponible pour quelques Euros sur le site de Ikarios : http://ikarios.com/form/#gnuwin
LIENS
VERS LE MONDE DES LOGICIELS LIBRES ET ALTERNATIFS ![]()
Un ouvrage très accessible : Linux. Toutes distributions de M. Wielsch chez MicroApplication (environ 10 Euros sans CD).
" Le hold-up planétaire ou la face cachée de Microsoft " de Roberto Di Cosmo chez Calmann-Lévy.
Ces pages ont été réalisées par :
Bruno Desroches, Snes et le groupe TIC du Snes
Claude Micouin, SNUIpp, professeur des écoles logiciels.alternatifs@adapt.snes.edu et
Alain Prevot , pour Adapt-Snes, alain.prevot@adapt.snes.edu
Ces articles sont soumis à la licence libre GPL, c'est à dire que leur reproduction exacte et leur distribution intégrale sont permises sur n'importe quel support, à autant d'exemplaires que vous le désirez, pourvu que cette notice et les mentions de copyright soient préservées.